Agadez Sokni: ambiance fête dans la capitale de l’Aïr

La ville d’Agadez a fait sa toilette. Sa grande toilette. Avant même de finir son maquillage, elle est devenue belle, très belle à vous couper le souffle. La célèbre grande cité du désert s’est métamorphosée, alliant le style austère du désert et la modernité. Agadez ouvre ses bras aux invités qui sont déjà présents.

La particularité d’Agadez Sokni

La ville vibre au rythme endiablé de la fête, alors que les cérémonies officielles n’ont pas encore débuté. La colonie de la presse publique et privée, plus d’une centaine de personnes avec du matériels lourds est bien arrivée. La presse internationale sera également de la fête. Tout est fin prêt nous ont rassuré les responsables de l’organisation. L’infatigable Ministre Rhissa Ag Boula, président du Comité d’organisation ne ménage ni son temps ni son énergie, pour que tout soit parfait le jour J. Visites de terrain, revue d’effectifs, instructions, réunions avec les membres du Comité d’organisation, c’est un agenda hyper chargé pour le Ministre Ag Boula.

Un petit tour dans la ville, pour apprécier et admirer les merveilles d’Agadez. Dans cette ville désertique ou l’eau est la source la plus précieuse, une trouvaille à la place Degui, rebaptisée Place Issoufou Ghali », pour donner encore plus de charme au charme, une fontaine de jets d’eau et de lumière. Quelle splendeur, quelle beauté. La jeunesse d’Agadez exulte et les vieillards, saluent cette prouesse. Les étrangers sont captivés par les effets lumineux. Tout autour grouille des restaurants, des tables, des bancs, des chaises longues et la matérialisation des 21 croix du Niger, parmi lesquelles trône majestueusement la célèbre Croix d’Agadez.

Cet endroit qui sera sans aucun doute, l’une des attractions de la ville vit déjà au rythme de l’ambiance. Plusieurs personnes profitent d’avance de cette place récréative où la fraîcheur des jets d’eau sera un atout certainement pour l’attrait touristique de la ville au moment des fortes chaleurs. Un peu plus loin, le stade régional d’Agadez « Sidi Mohamed » , presque entièrement repris pour répondre aux normes internationales. Sa pelouse verdoyante et son gradin n’attendent que le coup d’envoi des manifestations sportives et culturelles.

La fête dans la fête

Selon un expert, « ce modèle de tribune est le tout nouveau modèle des tribunes en matériaux définitifs, conforme aux normes de sécurité et réglementations en vigueur au sein de l’Uemoa. Cette nouvelle tribune moderne, présente la spécificité des gradins en béton et d’une structure métallique qui permet d’accueillir 3.000 personnes assises avec des boutiques sous les gradins.

Bref, tous les grands travaux d’embellissement innovants et d’aménagement des routes, la reprise de l’aéroport Mano Dayak, les places publiques, l’éclairage public, etc, ont relooké le visage de la capitale de l’Aïr. La ville est plus sûre, avec un dispositif de sécurité impressionnant. Et la beauté naturelle de ces targuis vous coupe le souffle.

La particularité d’Agadez Sokni par rapport à Maradi Kollya et Dosso Sogha, c’est la tenue dans la même période de plusieurs grands événements pour agrémenter la fête Agadez Sokni. Il s’agit entre autres de l’intronisation du Sultan de l’Aïr, le Festival International de la Mode Africaine (FIMA) du grand styliste Alphadi, l’arrivée du rallye du Ténéré, et les festivités du 18 décembre avec le grand défilé civil militaire, la fantasia et le spectacle sons et lumières.
L’intronisation du nouveau Sultan de l’Aïr sera assurément le fait marquant des festivités. Après un long règne de 52 ans au trône, le sultan Ibrahim Oumarou s’est éteint en février 2012 et son fils Oumarou Ibrahim Oumarou lui a succédé. Aujourd’hui, il sera intronisé avec tous les fastes et les mystiques d’Agadez. Ce sultanat, c’est un rappel, d’après une tradition orale solidement établie serait rattaché à Istanbul, d’où le nom d’« Istamboulawa ». (Forme haoussa signifiant « gens d’Is-tamboul ») donné aux titulaires de cette chefferie. Le premier Sultan de l’Aïr fut Younous. Il régna de 1405 à 1425 et devait être remplacé par Ag Assane qui régna pendant 6 ans avant d’être évincé par son frère cadet Ilissawan dit Al Faki . Les premiers sultans n’avaient pas de résidence permanente mais menaient une existence nomade à Assodé non loin d’Iférouane, puis dans la région de Tadeliza (30km au nord d’Agadez où d’ailleurs furent enterrés plusieurs ancêtres des sultans de l’Aïr, qu’ils abandonnèrent pour s’établir de façon permanente à Tin ‘Chamane.
C’est avec Ilissawan que le Sultanat s’établit définitivement à Agadez où les tribus touaregs lui construisirent un palais qui matérialise l’implantation de la dynastie et manifeste sa puissance.

Na Mahamane Dan Maradi, envoyé spécial