À qui sert le chaos?

Je ne sais pas ce que Monsieur Sanoussi Jacou a dit. On lui prêtre des propos qui tendent à dresser, au Niger, certaines ethnies contre d’autres.
J’ignore ce Monsieur Hama Amadou a déclaré. On lui prête des propos du même genre.
Des brides de leurs entretiens me parviennent par personnes interposées. J’ai entendu tout et son contraire.
Au regard de ce que je vois, à l’écoute de ce que j’entends sur les réseaux sociaux, les propos qu’on leur prête alimentent une inimitié entre les deux grandes composantes du pays : Hausa et Zarma.
Or, ni l’un ni l’autre n’appartiennent à ces groupes de populations nigériennes. Quand on se place dans cette idéologie d’ethno-régionalisme, et qu’on se met à parler non pas au nom de sa propre ethnie, mais au nom de l’ethnie de l’autre, il y a manifestement une usurpation d’identité et de mandat. Il y a dans cette manière de faire, quelque chose de vicieux, de pernicieux et de suspect.
Cette manière d’agir montre clairement que la logique n’est pas le souci de ceux qui tiennent ce type de discours, que les ethnies les leurs, et les ethnies des autres ne sont que des prétextes, des moyens utilisés pour parvenir à leurs fins personnelles. Or, nous sommes dans une République, les mandats s’exercent au nom du peuple qui est nigérien.
Nous sommes en République. L’État se veut de droit. Il dispose d’un ensemble de lois, de règlement et de sanctions. Les textes juridiques que nous avons librement adoptés interdisent ces manières de faire et de dire, et prévoient des sanctions. Par conséquent, ceux qui parlent de cette façon ne sont pas mes interlocuteurs, mais les interlocuteurs de la Justice, qui doit être a même pour tous.
Je n’ai donc rien à dire à ceux qui, au Niger se servent de l’ethnie, de la région pour diviser afin de régner. Je n’ai rien à leur dire parce que nous ne parlons pas le même langage, et parce que nous n’appartenons pas au même monde.
Je veux pour interlocuteurs ceux qui les écoutent, ceux qu’ils pourraient mener dans leurs chevauchées insensées.
Ceux-là doivent savoir qu’en tenant de tels discours, ils n’ont en vue que leurs propres intérêts. Les intérêts de leurs ethnies, ceux des autres ethnies, et les intérêts du pays leur importent peu.
Ils doivent savoir que l’être africain précède le devenir africain multiple. Or, nous sommes tous Africains au Niger, notre diversité, nos différences apparentes, n’enlèvent rien à notre appartenance commune à la même humanité africaine, à la même culture fondamentale, et à la même histoire.
Ils doivent savoir enfin que c’est en utilisant l’ethnie, la région, en semant entre nous la division et l’animosité, qu’on a déclenché des guerres chez nous. C’est en nous divisant, qu’on nous a dominés, colonisés et réduits en esclavage.
C’est à cause de cette division que l’on vole et pille nos richesses. C’est à cause de cette division, alors que nous avons tout pour réussir, que l’on nous maintient dans un état végétatif, dans les ténèbres de l’ignorance. C’est à cause de cette division que nous fermons la marche de l’humanité, nous qui l’avons ouverte.
Nous ne sommes pas à l’abri des maux susmentionnés. Et ceux qui, entre vous sèment la division, vous expose à leur résurgence. Ils facilitent la tâche en créant le chaos. Ils facilitent la tâche à ceux qui nourrissent le dessein de nous dominer, de nous coloniser.
Le sort des forces du chaos est d’être identifiés et annihilés.

Farmo Moumouni. ( via facebook)